Comment choisir son entreprise de portage salarial ?

Consultant français en discussion avec un conseiller portage salarial dans un espace de coworking moderne
26 février 2026

Vous avez une mission en vue. Vous avez choisi le portage salarial. Reste l’étape qui bloque tout le monde : quelle société choisir parmi les centaines qui existent ? Les comparatifs en ligne se ressemblent tous. Les promesses aussi. Et franchement, comment savoir si les 5% de frais annoncés cachent 150€ de frais annexes mensuels ? J’accompagne des consultants dans cette transition depuis plusieurs années, et l’erreur que je vois le plus souvent n’est pas de mal négocier les frais. C’est de ne pas poser les bonnes questions avant de signer.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif pour vous aider à comparer les sociétés de portage salarial. Chaque situation étant unique, nous vous recommandons de solliciter plusieurs devis et de consulter un expert-comptable ou avocat en droit du travail avant tout engagement contractuel.

L’essentiel pour choisir votre société de portage en 30 secondes :

  • Vérifiez la garantie financière (minimum légal : 96 120 € selon Service-Public.fr)
  • Privilégiez les sociétés labellisées PEPS avec audit AFNOR
  • Analysez les frais TOUT COMPRIS, pas seulement le pourcentage affiché
  • Testez la réactivité du conseiller AVANT de signer
  • Fuyez toute société qui refuse de détailler ses frais par écrit

Pourquoi le choix de votre société de portage est plus important que vous ne pensez

J’ai accompagné Sophie l’année dernière. Elle avait 38 ans, consultante RH en reconversion après 12 ans en entreprise. Sa première expérience en portage salarial s’est transformée en cauchemar. Elle avait choisi sa société sur une recommandation trouvée sur un forum. Trois mois plus tard, un client n’a pas payé sa facture. Résultat : six semaines sans salaire. Six semaines. Parce que la société qu’elle avait choisie n’avait pas une trésorerie suffisante pour avancer les fonds en attendant le recouvrement.

Ce que ce cas révèle : La garantie financière légale existe, mais elle ne protège pas de tout. Une société peut être techniquement conforme et vous laisser dans l’embarras lors d’un impayé. La solidité réelle va au-delà du minimum légal.

Ce qui m’a marqué dans le cas de Sophie, c’est qu’elle avait regardé les frais de gestion. Elle avait comparé les pourcentages. Mais elle n’avait pas vérifié l’ancienneté de la société ni demandé le montant réel de leur garantie financière. Huit mois plus tard, elle a changé de société. Temps perdu. Stress évitable. Si vous cherchez une simplification avec le portage salarial, encore faut-il que la société choisie tienne ses promesses.

Le vrai enjeu dépasse les frais. Votre société de portage gère votre bulletin de paie, vos cotisations sociales, votre assurance chômage. Un mauvais choix peut vous coûter cher. Littéralement.

Les 6 critères qui font vraiment la différence (et ceux qu’on vous survend)

Je vais être direct. La plupart des comparatifs que vous trouverez listent dix ou quinze critères. C’est trop. Vous ne retiendrez rien. Je me concentre ici sur les six qui font vraiment basculer la décision. Le reste ? Des bonus, pas des fondamentaux.

Quel type de société selon votre profil ?

  • TJM supérieur à 500€ avec missions régulières :

    Priorité à l’accompagnement premium et aux services inclus. Les 1-2% de frais supplémentaires seront largement compensés par un gain de temps administratif.
  • TJM entre 300€ et 500€ avec missions ponctuelles :

    Priorité aux frais de gestion bas. Chaque euro compte. Vérifiez qu’il n’y a pas de frais fixes mensuels en période d’intermission.
  • Débutant en portage salarial :

    Priorité à la formation et au support. Vous allez poser beaucoup de questions les premiers mois. Choisissez une société qui répond vite.
  • Expert autonome qui gère déjà tout :

    Priorité à la digitalisation et à la réactivité. Vous voulez un outil efficace, pas un accompagnant permanent.

Garantie financière et label PEPS : le minimum non négociable

Commençons par ce qui n’est pas négociable. Aux termes du Code du travail, toute société de portage doit justifier d’une garantie financière. C’est la loi. Cette garantie permet de payer vos salaires et cotisations sociales même si l’entreprise rencontre des difficultés.

Selon Service-Public.fr, le montant minimum légal est de 96 120 ou 10% de la masse salariale de l’année précédente. C’est un plancher. Pas un objectif. Les sociétés solides affichent des garanties bien supérieures. Quand j’évalue une entreprise de portage salarial, je demande systématiquement le montant exact de leur garantie. Une société qui refuse de communiquer ce chiffre ? Signal d’alerte immédiat.

Consultant analysant les critères de choix portage salarial sur tablette dans un bureau lumineux
L’analyse des critères objectifs évite les mauvaises surprises

Le label PEPS va plus loin. Cette certification PEPS avec audit AFNOR garantit un contrôle indépendant de la société. Les entreprises doivent justifier d’au moins deux ans d’activité pour candidater. L’audit vérifie la transparence des frais, la sécurité financière, la qualité de service. Contrôles tous les 18 mois pour maintenir la labellisation. C’est exigeant. C’est rassurant.

Frais de gestion : au-delà du pourcentage, ce qui compte vraiment

Je vous arrête tout de suite. Le taux de frais affiché ne veut rien dire seul.

Dans mon accompagnement de consultants en portage, je constate fréquemment que ceux qui choisissent uniquement sur le critère du taux le plus bas découvrent ensuite des frais annexes non inclus. Sur les situations que j’ai observées, cela représentait souvent entre 100 et 200€ mensuels supplémentaires. Frais de compte d’activité. Frais de virement. Assurance RC pro facturée en plus. Mutuelle obligatoire hors de prix. Ce constat est limité aux profils que j’ai suivis et peut varier selon votre TJM et la complexité de vos contrats.

Demandez toujours une simulation personnalisée. En brut. En net. Avec tous les frais détaillés ligne par ligne. Une société sérieuse vous fournit ce document en 48 heures maximum.

Ce qu’il faut comparer : Pas le pourcentage affiché. Le net qui arrive sur votre compte pour un même montant facturé au client. C’est le seul chiffre qui compte.

Accompagnement et réactivité : comment les tester avant de signer

Voici mon conseil le plus contre-intuitif. Testez la réactivité AVANT de signer. Envoyez un email un vendredi soir. Posez une question technique un lundi matin. Voyez combien de temps ils mettent à répondre. Voyez surtout QUI répond.

Marc, un consultant en management que j’ai accompagné en 2024, basé à Lyon avec une mission principale chez un grand groupe industriel, hésitait entre trois sociétés aux frais quasi identiques. La première ne répondait pas aux mails. Jamais. La deuxième promettait un conseiller dédié. En réalité, c’était un call center avec un temps d’attente de vingt minutes. La troisième a rappelé en deux heures. Franchement, ça m’a confirmé que le premier contact est révélateur de la qualité d’accompagnement future. Marc a perdu trois semaines à tester les deux premières. Mais il ne regrette pas.

Grille d’évaluation : les 6 critères à noter
Critère Ce qu’il faut vérifier Signal d’alerte
Garantie financière Montant exact (minimum légal 96 120 €) Refus de communiquer le chiffre
Label qualité Label PEPS avec audit AFNOR vérifiable Aucune certification ou label autoproclamé
Frais de gestion Simulation complète avec net exact Frais présentés uniquement en pourcentage
Réactivité Délai de réponse réel testé Plus de 48h pour une réponse simple
Conseiller dédié Nom et contact direct du conseiller Numéro générique type call center
Ancienneté Minimum 3 ans d’activité effective Création récente sans historique vérifiable

Les questions à poser lors de votre premier entretien

J’ai vu trop de consultants arriver en entretien sans préparation. Ils écoutent le discours commercial. Ils posent deux questions polies. Ils repartent sans les informations dont ils ont besoin. Voici la liste que je recommande systématiquement.

Entretien informel entre une consultante et un conseiller portage salarial dans un café professionnel
Préparer ses questions transforme l’entretien découverte

Vos 10 questions pour le premier entretien

  • Quel est le montant exact de votre garantie financière ?

  • Êtes-vous labellisé PEPS ? Depuis quand ?

  • Pouvez-vous me fournir une simulation complète avec le net exact pour mon TJM ?

  • Quels frais ne sont PAS inclus dans le pourcentage de gestion ?

  • Qui sera mon interlocuteur dédié ? Puis-je avoir son contact direct ?

  • Quel est le délai de versement de mon salaire après facturation client ?

  • Comment gérez-vous les impayés clients ? Avancez-vous les fonds ?

  • Proposez-vous un CDI ou uniquement des CDD de mission ?

  • Quelle est la procédure pour changer de société si je ne suis pas satisfait ?

  • Pouvez-vous me mettre en contact avec un salarié porté actuel ?

Une société qui refuse de répondre à l’une de ces questions ou qui reste vague n’a probablement rien à vous cacher. Probablement. Mais pourquoi prendre le risque ?

Timeline typique que j’observe dans les processus de sélection bien menés :


  • Premier contact avec 2-3 sociétés présélectionnées

  • Réception des simulations personnalisées

  • Entretiens approfondis avec les 2 finalistes

  • Analyse du contrat et des CGV avec conseiller externe si besoin

  • Signature et démarrage mission

Les signaux d’alerte qui doivent vous faire fuir

Je préfère prévenir que guérir. Voici les pratiques que j’ai vues et qui doivent déclencher une fuite immédiate. Pas une hésitation. Une fuite.

Ces pratiques doivent vous alerter immédiatement :

  • Société créée depuis moins de 2 ans sans historique vérifiable
  • Refus de communiquer le montant de la garantie financière
  • Frais de gestion anormalement bas (moins de 4%) sans explication claire
  • Demande de paiement ou d’avance de frais avant signature
  • Pression commerciale pour signer rapidement
  • Impossibilité de parler à un conseiller identifié
  • CGV introuvables ou envoyées uniquement après insistance

J’ajoute un signal subtil mais révélateur. Une société qui vous promet monts et merveilles sans vous poser de questions sur votre activité, vos clients, votre TJM, votre besoin d’accompagnement ? Elle ne cherche pas à vous aider. Elle cherche à vous signer. Nuance importante.

Le salaire minimum conventionnel en portage est de 2 517,13 brut pour les juniors selon la convention collective. Une société qui vous promet de vous rémunérer en dessous de ce seuil enfreint la réglementation. Fuyez.

Dernier point. Méfiez-vous des avis en ligne trop unanimes. Cinq étoiles partout. Zéro critique. Commentaires qui se ressemblent. Les vraies sociétés ont des avis mitigés parce que tous les profils ne correspondent pas à toutes les offres. L’absence totale de critique est suspecte.

Vos questions sur le choix d’une société de portage

Voici les interrogations que je reçois le plus souvent. Si vous hésitez encore entre portage et création de société, consultez notre guide sur le choix de votre statut juridique pour comparer objectivement les options.

Puis-je changer de société de portage en cours de mission ?

Oui, vous pouvez changer de société de portage. Le processus implique généralement un préavis (variable selon votre contrat, souvent un mois), la clôture de votre compte d’activité, et le transfert vers la nouvelle société. La mission en cours peut être poursuivie avec le nouveau contrat. Vérifiez les conditions de résiliation dans vos CGV actuelles avant de vous engager.

Les frais de gestion sont-ils négociables ?

Souvent, oui. Les sociétés de portage adaptent généralement leurs frais selon votre volume d’activité prévu, votre TJM, et la régularité de vos missions. Un consultant avec un TJM de 600€ et des missions continues aura plus de marge de négociation qu’un profil intermittent. N’hésitez pas à mettre en concurrence deux ou trois sociétés.

Comment vérifier la garantie financière d’une société ?

Demandez directement à la société une attestation de garantie financière délivrée par leur organisme garant (banque ou assurance). Ce document indique le montant exact. Vous pouvez également vérifier sur le site du PEPS si la société est membre et labellisée, ce qui implique un contrôle régulier de cette garantie.

Quelle différence entre CDI et CDD en portage salarial ?

Le CDI en portage vous lie à la société de portage de façon permanente, avec des périodes d’intermission entre missions. Le CDD est lié à une mission spécifique et prend fin avec elle. Le CDI est généralement préférable pour l’obtention de crédits immobiliers et la stabilité administrative. La plupart des sociétés proposent les deux options.

Le portage salarial donne-t-il vraiment droit au chômage ?

Oui, le salarié porté cotise à l’assurance chômage et peut bénéficier de l’ARE (allocation de retour à l’emploi) selon les conditions classiques : durée minimale de cotisation, inscription à France Travail, recherche active d’emploi. C’est l’un des avantages majeurs du portage par rapport à la création de société.

Votre plan d’action immédiat

  • Cette semaine : contactez 3 sociétés maximum avec la liste de questions ci-dessus
  • D’ici 7 jours : comparez les simulations personnalisées reçues (net exact, pas pourcentage)
  • Avant de signer : faites relire le contrat par quelqu’un d’extérieur, même rapidement

Le choix d’une société de portage n’est pas irréversible. Mais un mauvais choix vous fera perdre du temps, de l’énergie, parfois de l’argent. Prenez trois semaines pour bien choisir plutôt que trois mois pour corriger une erreur évitable.

Limites de ce guide et précautions avant signature

  • Les frais de gestion et services évoluent régulièrement : vérifiez les conditions actuelles auprès de chaque société
  • Ce guide ne remplace pas l’analyse personnalisée de votre situation par un professionnel
  • Les critères de choix varient selon votre profil (TJM, fréquence missions, besoins accompagnement)

En cas de doute, consultez un avocat en droit du travail, un expert-comptable spécialisé indépendants, ou le syndicat professionnel PEPS.

Mathieu Garnier, accompagne des indépendants et consultants dans leur transition vers le portage salarial depuis 2019. Basé en France, il a suivi plusieurs dizaines de professionnels dans leur choix de société de portage, identifiant les critères réellement discriminants au-delà des discours commerciaux. Son approche privilégie la transparence des frais et l'adéquation entre profil consultant et niveau d'accompagnement proposé.

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